Jeudi 1er mars, immersion au Kogan Gallery. Années 90 imposées, au son des platines. Lancement de la marque haut de gamme « Ntuch » ; Socrate, plus connu sous le nom de Mac Tyer nous emporte dans son univers. « La mode, c’est imposer un nouveau courant, et j’ai cette ambition de changer la façon que les gens ont de s’habiller ».

Connu en tant que rappeur, cet artiste dévoile au public sa sensibilité vis-à-vis des codes vestimentaires. « J’ai toujours aimé la mode. Dans les années 2000, j’étais le premier mec des quartiers qui connaissait les boutiques de luxe ». A l’époque pourtant critiqué dans le milieu, il n’a cessé d’exprimer son avant-gardisme.

Les messages et les émotions que l’on ressent au travers de ses compositions musicales se mêlent à ce qu’exprime sa nouvelle collection. Il cherche à créer de l’inspiration, en particulier auprès des jeunes des quartiers dont lui-même est issu. « Je sais que la plus belle chose que l’on peut laisser à une jeune génération ce sont des actes qui les inspirent. C’est un héritage, un beau partage ».

Il a lancé une première marque « streetwear », Untouchable, qui expose un réel concept. Il s’agit de diffuser la volonté et l’espoir ; donner la force au monde de se battre face aux difficultés de la vie. Pour illustrer cela, il avait choisi de ne pas vendre sa collection en boutique, mais de créer un showroom à son studio, à Aubervilliers. Il accorde une réelle importance à l’emplacement de celui-ci, dans la banlieue du 93, au cœur de son quartier. Cela donne d’autant plus de valeurs à ce qu’il entreprend. Impactante et prononcée, la décision de Mac Tyer marque et insiste sur la transmission de l’espoir.

Désormais, il dévoile une collection haut de gamme en créant sa nouvelle marque « Ntuch », qui n’aurait pu exister sans « Untouchable ». « C’est la rue qui m’a soutenu pour réaliser mon projet, et je la défend. C’est comme si on la sortait de la médiocrité ». Ces propos soulignent son envie de bousculer les codes et les visions.


« Porter de la couleur donne 
un air plus heureux.
Il faut pratiquer sa propre thérapie du soi même avec le vêtement »

Made in France, il travaille dans des ateliers parisiens et collabore notamment avec Benoît Rodier, pour designer ses collections oversize. « Ce que j’aime, c’est qu’aujourd’hui, avec une mode qui était vue comme une sous culture dans les années 90, on arrive à une période où elle est enfin estimée ». Le vintage du moment.
La nostalgie de certains temps. Il revisite ces années, avec des dessins raffinés. Présence d’orange ; il choisit d’apporter de la couleur à ses pièces afin d’altérer les teintes sombres des looks parisiens. « Porter de la couleur donne un air plus heureux. Il faut pratiquer sa propre thérapie du soi même avec le vêtement ». Pop-up stores, look books et évènements sont prévus pour dévoiler ses pièces au grand public.

En parallèle, il poursuit sa carrière de rappeur avec l’enregistrement d’un nouvel album et produit un jeune artiste « Rémy », issu de sa banlieue. Exposition sur le devant de la scène du rap, il stimule son talent.
« J’entretiens un lien très fort avec lui, c’est comme un petit frère ».

Prêt à démocratiser son style, Mac Tyer redessine les codes de la culture urbaine et du luxe au son de la rue.

Rédaction Les Têtes de Pub – Cloé Cothenet

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